17200 ROYAN
royanoceanclubcyclo@gmail.com
ROYAN CYCLOTOURISME
Royan-Océan-Club-Cyclo

Jumelage à la mode cyclo

Le ROC-Cyclo participant au jumelage avec Balingen, jolie petite ville de la Forêt Noire, n’est-ce pas une belle occasion pour s’offrir une vadrouille de fin de saison ? C’est décidé : nous partirons de Bâle que nous rejoindrons par avion ; nous suivrons le Rhin pendant deux jours puis nous mettrons cap au nord, les petites routes et les pistes ne manquent pas dans le Wurtemberg. Nous : Christophe, Jacques et moi, nous serons 3 cyclo-campeurs.

Lundi 17 octobre 2018.
Royan – Bâle (120 km)

Nous devons prendre l'avion à Mérignac en fin de journée. Mais comme les trains ne circulent pas à cause de travaux sur la ligne, nous rejoindrons l’aéroport à la force du jarret. Cet avant-goût de 105 km constitue une assez grosse étape pour des vélos chargés. Surtout avec le stress de l'horaire...
Démonter, emballer, embarquer, débarquer, déballer, remonter : prendre l’avion avec son vélo n’est pas une sinécure. Trouver son hôtel à minuit entre voies expresses et travaux non plus. Bon ! À 1h du matin nous étions enfin devant l'hôtel avec 120 km au compteur.


Mardi 18.
Bâle – Murg (64 km)

Pas commode non plus de contourner Bâle et de trouver la piste... A Huningue on franchit le Rhin, bien vert sous un beau soleil. Les péniches sont presque aussi longues que des trains ! Ensuite, on cherche, on demande…Au bout de 30km, nous voici enfin sur la piste. Il s’agit souvent d’une simple bande cyclable, dans le vacarme du trafic. Un tronçon à travers champs nous fait traverser un étonnant village aux belles maisons à colombages colorées, disposées en carré autour d’une grande place ; très coquet, très fermé sur lui-même, mi - monastère mi - phalanstère.
Les maisons peintes du vieux quartier de Bad Sackingen auraient bien mérité une visite plus longue, mais la chaleur de cet été qui n’en finit pas, les pentes, la circulation, la rude mise en train de la veille nous ont fatigués et le ciel noircit : nous n’irons pas jusqu’à Waldshut. Nous terminons la journée en compagnie d’un compatriote en route pour Odessa, Ismaïl, sur une "natur zelt platz" qui se présente opportunément ; nous disposons d'un grand tipi pour 8€ par personne, il y a aussi un tivoli très appréciable pendant l'orage et un maxi barbecue pour griller des "weisswurst" une fois l'orage terminé. Le moral des troupes est au beau fixe.


Mercredi 19.
Murg – Stein Am Rhin (93 km)

Ce matin, pas de tente à plier : nous partons presque à l'aurore, avant 10h. Belle journée en perspective : Il faudra finir l'étape d'hier en plus de celle d’aujourd’hui qui n’est pas vraiment facile.
Nous passons plusieurs fois de Suisse en Allemagne et inversement. Les villages croulent sous les géraniums. Quand ils sont installés à flanc de montagne, la piste s'y écarte du Rhin et grimpe joyeusement entre les maisons à colombages : c'est très beau et très crevant (chaque vélo chargé fait environ 40 kg). Les fermes sont cossues, la campagne verte et prospère, c'est idyllique et totalement intemporel. Les cyclos sacochards sont assez nombreux, les sans-sacoches passent comme des bolides.
Quelques grimpées encore et le Rhin, plus encaissé, se couvre d'écume. Nous approchons de Schaffausen. Il fait plus frais : une brume légère s'élève des chutes du Rhin. Le site est grandiose, cette masse d'eau qui s'engouffre entre les rochers donne une impression de puissance colossale. Le prix des boissons est à la même échelle. Il faut bien sûr grimper pour reprendre la route mais peu importe, cette étape est un enchantement.
À l'approche du lac de Constance le relief se calme, le Rhin coule le long d'une plage sur laquelle une foule se prélasse. A Gailingen, un beau pont couvert relie l'Allemagne à la Suisse, des pistes cyclables partent dans toutes les directions et de nombreux VAE les parcourent.
Quelques tours de pédales encore et nous traversons Stein Am Rhein que nous visiterons le lendemain après avoir passé la nuit sur un petit terrain de camping voisin. Ismaïl, qui pratique le cyclo-camping sans toile de tente, part à la recherche d’un bungalow, nous ne le reverrons pas. Je crains que ce trentenaire qui combat à coups de pédales la déprime d’une recherche d’emploi interminable, ne se sente parfois agressé par l’insouciance de notre joyeux trio…

Jeudi 20 septembre
Stein am Rhein – Immendingen (74 km)

En septembre, les nuits sont fraîches et la condensation dans les tentes au matin est forte : il faut les faire sécher avant de remballer. Nous les installons donc en plein soleil, double toit retroussé, et nous redescendons à Stein pour un « fruchtück » touristique.
Avec ses maisons médiévales couvertes de peintures autour et aux abords de la grande place, ce village est incroyablement beau. J'ai du mal à imaginer qu'on puisse vivre dans ce cadre et trouver cela tout naturel.
L'étape se déroule ensuite entre champs et forêts dans un pays bien vert et manifestement prospère. Nous filons vers le Nord, laissant derrière nous le Rhin et le lac de Constance pour rejoindre la vallée du Danube. Or, ce fleuve facétieux hésite encore sur la direction à adopter : Il disparaît dans le sol à Immendingen. Une partie de ses eaux souterraines resurgit en gargouillant abondamment dans un site délicieusement champêtre : c’est la source de l’Aach qui s’écoule vers le bassin du Rhin et la Mer du Nord. Le reste, en surface (quand il en reste, pas cet automne) ou dans le sol, poursuit sa route vers la Mer Noire.
Nous avons déjeuné au bord de la source d’Aach ; nous allons camper sur une charmante "natur zelt platz" à Immendingen. Nous y arrivons in extremis pour dîner avant la fermeture de la guinguette qui gère la place et surtout pour obtenir la clé des commodités, il faudra monter les tentes dans l'obscurité.


Vendredi 21 septembre
Immendingen – Balingen (63 km; cumul : 414 km)

La nuit a été fraîche, 7° à 7h. Nous nous réveillons dans une brume lumineuse où le soleil levant, doré, joue avec les silhouettes des arbres qui commencent à se dénuder, ou suscite des paysages mystérieux voilés de rose et de blanc. Les tentes sont trempées mais peu importe : 2 de nos amis allemands nous rejoignent pour cette dernière étape, leur chauffeur nous débarrassera du barda.
Nous sommes dans le lit primaire du Danube qui forme un chapelet de petites plaines ovales, de verrou en verrou, entre deux crêtes abruptes. Christophe s'offre une séance de natation à sec...Bientôt, le fleuve reparaît et grossit rapidement.
Les Allemands nous ont choisi un itinéraire plus doux que la piste Hohenzollern, par la vallée de Bäranthal ; il faudra tout de même appuyer sur les pédales. Longtemps nous avons longé un ruisseau encombré de branches et d'arbres tombés: étonnant, dans un pays aussi bien tenu ? non, c'est une réserve à castors. Puis c'est parti pour la grimpette ; la dernière montée du voyage, interminable, nous mène au point culminant de la journée, 998 m. La région est d'ailleurs appelée par les cyclistes "les dix 1000"et je crois bien que la dernière fois nos amis ne nous avaient fait grâce d'aucun de ces sommets! Les 5 derniers kilomètres se font en descente à travers bois et voici la jolie Balingen, paresseusement allongée dans sa cuvette : nous sommes arrivés.

Les festivités du jumelage peuvent commencer : Les 5 derniers jours nous ont aiguisé l’appétit, nous sommes dans les meilleures dispositions pour affronter brillamment l’épreuve rituelle d’un jumelage réussi, gage d’amitié entre les peuples : le marathon de table.

Anne-Marie, également appelée La Tortue.

(aucun)
Votre nom
*
Votre adresse mail
ne sera ni affichée sur le site ni transmise à quiconque
Votre site web
Votre commentaire
*
* Champ obligatoire
envoyer